Jeudi dernier, le groupe belge Hooverphonic était au Parlement Européen pour évoquer le problème du téléchargement illégal devant les responsables politiques.
Faisons le point…
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Jusqu’à présent, les musiciens vivaient de leur musique. Le téléchargement illégal va-t-il les condamner ?
Si je m’en tiens juste à mon avis et à mes impressions, je pense qu’il faut payer. Tout travail mérite salaire. Il n’y a aucune raison valable pour voler de la musique sur internet ou ailleurs.
C’est un réel problème, mais le télechargement gratuit ou payant me pose un autre problème ; la dématérialisation du support. Je m’étais habitué, voire même attaché à ce bon vinyle, puis au cd. Maintenant on me dit que mes disques préférés vont être des fichiers.
Fichier…fichier…Fait chier oui !
Le petit livret, les photos, les infos étaient autant de plus. Et puis… on nous parle du manque à gagner pour les artistes, ce qui est vrai. Mais si le support n’existe plus, les imprimeurs, les photographes, les journalistes ? Comment vont-ils gagner leur vie ?

Quitte à dématérialiser la musique, autant y aller jusqu’au bout. Il faut savoir qu’on enregistre la musique que depuis une petite centaine d’années. Dans un premier temps c’était pour la conserver, puis pour la diffuser sur les radios qui naissaient. Mais tout au début des radios, les artistes étaient en studio pour chanter en direct. Même les jingles étaient chantés en direct. D’ailleurs j’ai eu la chance un jour de pénétrer dans un lieu historique pour l’homme de radio que je suis.
Une grande pièce située dans un immeuble des Champs Elysées à Paris, pièce sombre dans laquelle trônait une antique console de mixage des années 30’. Ici, avait existé à l’époque, une radio qui s’appelait Le Poste Parisien.

Bon, je comprends bien que cela n’est plus possible. J’imagine mal voir défiler dans mon émission sur Classic 21, Robert Plant, Bruce Springsteen, Roger Hodgson, Sheryll Crow, Shania Twain… Quoique Shania ça le ferait bien !
Bref, le monde de la musique change, il s’adapte aux évolutions technologiques. Malheureusement l’industrie du disque n’a pas percuté aussi vite que les ingénieurs. Le système ne s’est pas organisé à temps, maintenant il lui faut courir après les illégaux.
L’industrie musicale nous vendait des vinyles, on les a achetés. Puis elle nous a fait croire que les CDs étaient de meilleure qualité sonore et qu’il fallait racheter en CDs ce que nous avions déjà en vinyles. On a payé encore.

Aujourd’hui, on nous demande de payer un fichier numérique qui peut disparaître de l’ordi en cas de bug sérieux. Je ne parle même pas de la fragilité des lecteurs portables. Imaginez, vous avez stocké 150 titres que vous avez payés, le baladeur tombe et… ne fonctionne plus. Mort !
Pire, on vous le pique.
Je suis donc pour payer, mais en ayant un support. Je sais, je date du siècle dernier. On nous dit aussi que plus on avance et plus la technologie nous permet d’accéder à la qualité. Je rappelle juste que le son MP3 est un son dont on a enlevé des éléments pour rendre les fichiers moins volumineux. En gros c’est une photo sur laquelle on enlève des détails.
On essaye de nous vendre un hamburger en nous expliquant que c’est de la bonne cuisine. Comme dirait Bernie Bonvoisin dans le morceau Les sectes sur l’album Repression ( 1980) : “Et merde !”

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