On peut se poser la question.
Un journal anglais sérieux, The Guardian en a parlé en début de semaine et a révélé que le nombre de titres rock dans les classements des ventes ne cesse de diminuer. En moyenne, il n’y avait que 13 titres de rock dans le top 100 en 2009, ce qui n’était jamais arrivé depuis 50 ans. Pourtant c’était quand même dix de plus qu’en 2010 avec seulement 3% de rock dans le classement, alors que dans le même temps, le Hip Hop en a classé 47%, la pop 40% et la danse 10%.

Encore plus inquiétant, la meilleure chanson rock de l’année a été Don’t Stop Believin’, un morceau qui a plus de 30 ans, composé par le groupe Journey. Et encore ce titre de meilleure chanson rock, il le doit à la série Glee qui l’a remis au goût du jour. Serait-ce la fin de l’ère du rock ? Probablement pas, mais on peut légitimement se demander si le rock ne va pas devenir un style marginal pour initiés comme le jazz ou le blues.

Danko Jones
Les responsables du désastre sont clairement désignés du doigt : ce sont les maisons de disques clament des voix ici et là. Pourquoi les maisons de disques ? Parce qu’elles n’investissent plus que dans du court terme, du gagne petit, avec profits immédiats à la clé. Elles font comme n’importe quelle entreprise, les responsables ont peut-être trop les yeux fixés sur des courbes. Je ne parle pas seulement des courbes de Beyoncé ou Britney.

Britney Spears
Très peu d’investissements sont réalisés désormais pour une carrière. Tom Yorke, le leader de Radiohead le disait l’été dernier, l’industrie du disque est mourante. « C’est juste une question de temps avant que le système ne chute complètement.» Il conseillait aux musiciens de ne pas s’attacher à un bateau en train de couler… « La chute de l’industrie du disque ne sera pas une grosse perte.» Comme toujours derrière ce naufrage, s’il a lieu, il y aura des drames, des gens qui s’investissaient, qui y croyaient et puis il y avait les courbes, celles de décroissance.

Guitare de Mark Knopfler

Joe Satriani
En voyant le problème de loin et sans connaître les tenants et aboutissants, j’ai aussi l’impression que le télé-chargement, même légal a fait du mal au rock. Le télé-chargement est plus un réflexe de Djeunes, les anciens, ceux qui achetaient des 33 tours sont restés à leurs bonnes vieilles habitudes de faire tourner une platine, qu’elle soit à diamant ou à laser.Le fait que les ventes d’albums de rock sont bien plus élevées semblent le démontrer, un bon album ne s’achète pas au détail, c’est un ensemble de chansons cohérentes.
Le Rn’B moderne, par opposition au Rn’B des 60′ s’achète lui au titre, c’est du consommable, on écoute puis on jette. Cela n’est pas un jugement de valeur, je ne pense pas que le rock soit plus noble que la danse la plus minimaliste. La musique est bonne quand elle donne du plaisir, le reste est de la philosophie pour professeurs de rock qui pensent avoir la science infuse en étant persuadés que leur musique est la bonne. A titre personnel, je préfère le rock à la zique de supermarché que l’on pourrait vendre en boîtes de conserve, mais peu importe, le sectarisme, qu’il soit en politique, en religion ou en musique est vraiment une plaie.

Fred Chichin, Rita Mitsouko
Pour en revenir au débat, le rock vit-il un soubresaut passager ? On peut l’espérer, c’est un genre dont les fondations sont fortes et qui domine encore le marché lorsque l’on parle de tournées, de concerts. Malgré tout, même là, il y a un hic, le regretté Fred Chichin des Rita Mitsouko me donnait un jour, peu avant sa disparition son point de vue : « L’industrie musicale qui perd chaque année des revenus considérables à cause du télé-chargement sur internet essaye de se refaire la cerise sur le prix des places de concerts. Jusqu’au jour où les places seront si chères que les salles se videront.”
Comme dirait Bernie Bonvoisin dans le morceau Les sectes sur l’album Repression ( 1980) : “Et merde !”
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