Je suis Eric Laforge, le garde du corps de Beyoncé et de Kate Bush. Mais je suis absent pour le moment, laissez un message après le bip.
Bip…
Musique, News et Bonne humeur !
Pas de musique au programme de ZibloG aujourd’hui, mais des photos prises ici ou là. Juste pour se dépayser. Il n’y a pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour voir des choses étonnantes.
Souvent, comme ce doit être le cas pour tous les photographes, on me demande : Mais pourquoi ne te fais tu pas prendre en photo devant les endroits que tu visites ou avec les artistes que tu rencontres ?
Trois raisons à cela, deux mauvaises et une bonne, faites le tri :
- Par peur que la police me reconnaisse sur les images.
- Pour ne pas avoir à confier mon appareil à quelqu’un.
- La mémoire est le meilleur appareil photo qui soit.

Night boat to Cairo.

Window in the skies.

Jeux sans frontière.

La petite maison dans la prairie.

The great gig in the sky.

Church of the poison mind.

Back in the USSR.

The River.

Autumn leaves.

No paint it black.

Small faces.

20th century boy.

Les sanglots longs des violons de l’automne.

House of the rising sun.

Juke Box suisse.

Mercy street.

Airport.
L’année prochaine, ça fera 30 ans que j’ai poussé mon premier cri à la radio, c’était sur Fugue FM, petite radio régionale quelque part au nord de Paris. L’année dernière on m’avait invité à une fête avec tous les anciens, c’était bizarre de revoir des gens qui avaient été des intimes, mais plus vus depuis tout ce temps.
Mais je m’égare… Ce soir on m’invite aux 30 ans de RFM, radio nationale, ça se passera quelque part dans Paris. Les anciens sont invités, parmi les ex-animateurs de cette radio, l’un d’eux prendra le micro pour faire un concert privé. Facile pour lui, il est chanteur : Yannick Noah. Dans les anciens qui seront peut être présents, il y avait aussi Eddy Mitchell et Antoine de Causnes. Mais dans les animateurs historiques de cette radio, il y avait surtout Coluche qui disait à l’époque : « Tous ceux qui n’écoutent pas RFM sont vraiment des cons ! »
Mais je m’égare encore, ah les souvenirs ! Il se trouve aussi que j’ai fait des piges à Europe 1, très peu. Il y a quelque temps Matthieu Blaise, producteur sur Europe 1 et accessoirement ami, m’a demandé d’écrire l’éditorial de son blog ce mois-ci. Il n’y est question que de radio et de cuisine interne, mais l’exercice m’a plu. Si vous voulez lire l’édito, cliquez sur la photo.
Putain 30 ans… j’ai l’impression d’avoir commencé hier…
Comme tous les vieux, il lui arrivait de parler de sa fin. Sans se plaindre pour autant. Sûrement un réflexe qui vient avec l’âge lorsque la masse des souvenirs devient plus importante que la rareté des projets. Pour cause.
Il y pensait donc, à la mort. Sans forcement en avoir peur, une simple préoccupation vis à vis de l’inconnu. Il l’évoquait rarement, mais toujours avec ironie. Comme pour conjurer le mauvais sort. Sur le même ton, ma tante Nanette lui répondait : “Bah, ça nous fera une sortie ! ” De temps en temps elle variait son discours par un : “Vous inquiétez pas, la mauvaise graine ne meurt pas !” Puis un jour il est parti. La scène ressemblait presque à celle d’un quai de gare sur lequel des gens s’envoient des baisers. Sauf que là, on n’a pas eu le temps de l’embrasser, ni même de lui dire au revoir. Quand bien même on aurait eu ce temps, se serait-on résolu à accepter qu’il parte ?
Une chose est frappante. Juste avant que tout ne se termine, les minutes paraissent s’écouler lentement. Pourtant le temps défile à toute allure, inexorablement, définitivement. Chaque seconde est un trésor dont on ne pourra estimer le prix qu’après. Et lorsqu’on s’aperçoit que c’est fini, que le train a quitté le quai, que ses lumières se sont éloignées, évanouies puis disparues petit à petit, alors on sait. Les yeux se ferment. Ni demain, ni jamais. Le train ne reviendra plus jamais. Désespoir, regrets. Regret de ne pas avoir parlé une dernière fois des choses qu’il aimait. Et surtout de ne pas lui avoir dit une première fois que je l’aimais. Pourquoi n’ose-t-on pas le dire avant ? Avant qu’il ne soit plus possible de le dire. Les jours qui suivent ne sont pas faciles à vivre. On a envie de revivre par la pensée tous les bons moments de cette vie. Mais la seule pensée qui revienne sans cesse est : mon père est parti. Il ne reviendra pas. Il a livré son dernier combat après avoir bataillé des heures dans un hôpital sinistre. Un hôpital est toujours sinistre lorsque sa mission de soigner échoue. Lors de ma dernière visite, quelques heures avant l’issue fatale, j’ai senti tout autour de moi la concubine de l’hémoglobine comme dit la chanson. La mort. Elle était là, prête à faire son œuvre. Elle rodait. Elle était presque palpable tellement elle était présente. Je l’insultais “….cette saloperie !” Dérisoire rébellion vouée à l’échec. Alors je tentais de l’amadouer, de la flatter pour mieux l’apprivoiser. Faire ami-amie avec elle. Pour qu’elle laisse du répit à mon papa.
Papa lançait ses dernières forces dans la bataille, mais c’était vain. Elle a eu le dernier mot dans la nuit, comme par lâcheté, la peur de l’affronter les yeux dans les yeux. Des yeux qu’il avait bleus. Pendant dix huit ans, parce qu’il aimait sa famille, il avait lutté contre la maladie. Il avait gagné la première manche. Mais la vermine est rancunière, de manière insidieuse elle l’avait rongé petit à petit.
A 72 ans, elle a finalement eu sa peau et tout le reste. Ma tante avait raison, ça nous a fait une sortie. En nous voyant tristes à l’enterrement, je l’imaginais goguenard, donnant un petit coup de coude à son voisin de paradis, le chapeau de cow-boy vissé sur la tête, les mains dans les poches et disant : “…place aux jeunes, j’ai fait mon temps !”
Quelques mois plus tôt, un petit garçon espiègle était né. Où sera-t-il dans 72 ans ?
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