Sportpaleis Anvers, le 18 décembre 2012.
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Muse en concert en Belgique, on attendait ça depuis un petit moment, on finissait par montrer les dents de nervosité. Grrrrr ! Comme diraient les Stones
Tonnerre d’applaudissements et cris pour accueillir le groupe à son arrivée sur scène, personne ne montre les dents donc, mais tout le monde bave.
Pas le temps d’un « Hello Anvers ! » Le trio envoie immédiatement la machine à décibels, ça pulse à mort, il y a une puissance de feu phénoménale. Un power trio, un vrai, comme dans les 60′. Côté visuel, c’est travaillé. Rien n’est laissé au hasard. La scène est sobre mais pas dépouillée. Il s’y trouve juste la batterie de Dominic Howard au centre, rien d’autre, on se serait presque cru dans un labo. Un petit côté aseptisé. Mais c’était bien. Et pourquoi c’était bien ?
Certainement grace aux écrans. Ils étaient nombreux et disposés de telle sorte que lorsqu’on regardait la scène on la voyait entourée d’images. Au-dessus, toute une mécanique développait une pyramide inversée d’écrans. Une idée clairement prise à la tournée 360° de U2.
A la fin du concert, le concept des images tout autour de la scène a été exploité comme s’il s’agissait d’un jeu de roulette. Une grosse boule virtuelle est apparue sur l’écran géant du dessus, puis est ‘tombée’ sur les écrans de la scène, le ‘plateau de la roulette’ virtuel. On y voyait des titres de chanson du groupe qui défilés en rouge et vert. La boule s’est arrêtée sur Stockholm Syndrome que le groupe a alors joué. L’animation était réussie, rien à dire.
Matthew Bellamy, guitare, chant.
Le visuel est vraiment sans reproche possible. Côté son, même chose, très très acceptable. Pourtant il m’a manqué quelque chose d’essentiel, mais à ce moment du concert, je ne savais pas encore quoi.
Les tubes du groupes ont défilé les uns après les autres, Supremacy, Bliss, Uprising, Follow me, Madness, Knight of Cydonia avec pour une fois une intro différente. Habituellement ce morceau débute avec le thème de L’homme à l’harmonica. Ici on a eu droit à La rencontre du troisième type, avec les fameuses trois notes qui dans le film, permettaient la communication entre humains et extra terrestres. Je me suis dit que trois notes, c’était une de plus que sur le piano de David Guetta.
Chris Wolstenholme , bassiste.
Bonne idée en tout cas cette variation.
Puis, à partir de ce moment là, j’ai commencé à concrétiser ce qui me dérangeait. Ou plutôt ce qui me manquait. Le groupe joue bien, très bien même, fort, très fort, mais… il ne joue que les versions que l’on connaît, celles des albums. Il n’y a aucune place à l’improvisation, au délire, aucune ‘extra balle’ qui viendrait d’un seul coup me surprendre et faire tilt.
Du coup petit à petit la scène est devenue trop grande pour ces trois excellents musiciens mais qui finalement n’ont que peu de charisme. Comme un type qui mettrait un costume trop grand pour lui. Mon collègue, Jean Marc Strel m’avait écrit un mail pour me donner ses impressions au lendemain du show, on ne s’était pas encore parlé, il écrivait: « Je pense que Bellamy n’arrive pas à créer un réel échange avec le public…Mais le truc vraiment surprenant, je vais juste faire une comparaison, c’est le manque d’émotions, quand McCartney est au piano tout le monde la ferme, Matthew au piano et tout le monde discute devant, derrière. »
On est d’accord.
Matthew Bellamy, guitare, chant.
Sur le moment j’avais eu l’impression d’être le seul à ressentir ça, mais finalement non. Lorsque j’ai fait l’After-Party le lendemain midi dans l’émission, chacun des intervenants que j’ai pris à l’antenne a évoqué cette même impression de ‘trop lisse’. « Avant, le groupe se foutait totalement de faire des erreurs, c’était jouissif, disait une certaine Julie, maintenant ce n’est plus eux, c’est très gadget. »
Il me reste de tout ça que j’ai passé un moment sympa, mais avec une impression de vide quand même, d’artifice. Pas de vie, aucune ame, « c’était creux… » m’a même écrit Sylvain, un auditeur qui lui les avait vus au Stade de France. Je n’irai pas jusqu’à dire ça, mais ce n’est vraiment pas un concert que je classerai dans le TOP 10 de 2012.
Ca fait plusieurs fois que je vois le groupe, j’aime toujours autant leur musique, mais au niveau du contact, de la chaleur, de la présence sur scène, de l’échange (et je ne demande pas à ce qu’ils nous racontent leur vie, mais juste un peu de lien) ils ont encore régressé.
D’habitude, lorsque je quitte une salle de concert, je chantonne, des images me reviennent à l’esprit, je glisse un CD de l’artiste dans l’auto-radio. Ici, rien de tout ça, j’ai juste écouté les infos à la radio et je me souviens m’être demandé comment j’allais terminé un bricolage à la maison le lendemain.
Finalement, on se rend compte à chaque Noël que les jouets qui brillent et font beaucoup de bruit, ne sont pas ceux qui laissent le plus d’étoiles dans les yeux des enfants. Un simple jouet en bois ou une voiture en tole fait plus travailler l’imagination.
Ah l’imagination !
Matthew Bellamy, guitare, chant.
Chris Wolstenholme , bassiste.
Dominic Howard , batterie.
Allez hop, du balai !
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