Il y a quelques semaines sur Classic 21, j’avais poussé un coup de gueule contre un trader londonien. Le financier avait expliqué qu’il était ravi de voir arriver la crise, il allait pouvoir faire un maximum de fric sur la détresse des autres. Dans quel monde vit-on ? Me suis-je dit alors en lisant les déclarations effarantes de ce roi de l’insensibilité.
Finalement c’est son boulot, c’est pitoyable, c’est malsain, mais c’est son boulot de faire du fric. Probablement sa seule raison de vivre, sa seule manière de se valoriser auprès de son entourage. C’est comme tous les passionnés. Regardez un collectionneur de timbres par exemple, c’est la même chose. Il passe tellement de temps devant ses catalogues qu’il finit par oublier de regarder sa femme qui en devient folle. Ça fait une timbrée de plus vous me direz.
Anyway, cette propension à ne voir la vie que par le gros bout du billet de 500 dollars a contaminé aussi le rock. On le savait depuis longtemps, mais là aussi ça a pris une proportion dérangeante. Ah Metallica, les rebelles du rock !
C’est le méchant Cliff Burstein le responsable, le manager qui ne pense qu’ au fric. Bursntein s’intéresse aux cours de la bourse et voit la crise européenne avec inquiétude. Du coup, il va avancer d’un an la tournée du groupe programmée en 2013.
Ce n’est pas qu’il aurait de la compassion pour les gens qui sont dans la dèche. Non, non, avancer la tournée le plus vite possible à pour but … d’éviter de rester coincé dans le bourbier financier européen et de n’y point trouver son compte… dit le communiqué. La crise est en train de se répandre partout y compris dans les pays les plus riches, comme la France par exemple. La crainte pour Burstein et de voir l’Euro plonger. 17 des pays que visitera Metallica pendant la tournée vont payer le groupe en Euro. Il faut donc ramasser les billets avant que cela devienne de la monnaie de singes.
Pour conclure, Burstein a dit : « On fait de l’exportation U.S., de la même façon que Coca-Cola. »
Il y a quelques années le groupe voulait attaquer en justice chaque ‘pirate’ qui téléchargeait ne serait-ce qu’un morceau du groupe. On sait que le téléchargement tue la musique, le cinéma, le livre, mais un petit gars derrière son ordi qui a pompé deux morceaux. Franchement ?
En fait oui, il faut lui foutre un procès au cul à ce merdeux qui veut écouter un groupe qui n’a aucun respect pour son public, pour ses fans, mais seulement pour leur porte feuille.
Allez, pas de gaz made in USA dans mon frigo, il me reste un fond de Champagne… Je lève mon verre et je trinque à la prochaine tournée de Metallicoca. Par solidarité avec tous les fans qui vont trinquer eux en sortant les billets verts.

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