Il y aura 32 ans ce soir à 22h52…
Un homme attend sur les marches du Dakota Building de New York. Une voiture s’arrête, un autre homme en descend. Le premier tire, avec son calibre 38, le second reçoit 4 balles dans le corps et s’effondre. Les Beatles n’existeront plus jamais, John Lennon vient de mourir. Sa mort survenue si jeune, si brutalement, si soudaine le fera instantanément devenir une légende immortelle.
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Dans les Beatles, c’est celui que j’appréciais le moins… Mais, oui forcément il y a un mais. Ma réponse va être plus longue, dire juste que je préférais les autres n’aurait pas d’intérêt.
Il y a quelques temps, Anastacia, une fidèle de ZibloG écrivait sur son blog : « ... Je ne comprends pas ce qu’on lui trouve. Pour moi il devient ringard, sans originalité, mièvre, fade et insipide, sans âme. Qu’est-ce que je pourrais encore bien inventer pour faire parler de moi et relancer la mécanique ? Je m’appelle John Lennon, je viens des Beatles, je peux faire à peu près ce que je veux, ce sera aimé et adulé. Je peux aussi dire n’importe quoi, ce sera tout autant apprécié. »
Ce n’est peut être pas complètement faux cela. Tout ce qu’a fait Lennon n’est pas à mettre au panthéon des choses absolument admirables. L’album Two Virgins avec Yoko par exemple. Si j’allais sur une ile déserte, je préférais encore y apporter les oeuvres complètes de Proust ou le Best of de Mireille Mathieu plutôt que cet inutile album. Sa violence avec les femmes est également à mettre à son passif. C’est même une honte dont il avait parlé dans une interview en 1980 dans le magazine Playboy.
Il avait alors expliqué que la chanson Woman était une manière de s’excuser du mal qu’il avait pu faire autour de lui. Il était d’ailleurs conscient que ça ne suffirait pas à l’excuser, si belle soit cette chanson. Bref il y a du passif dans sa personnalité. Du positif aussi.
Il est incontestable que Lennon a été quelqu’un de très influent. Musicalement, avec ses trois potes, il a juste tout changé et réinventé. S’il n’avait pas été là, on peut penser que les choses auraient été différentes. Au-delà de la musique, ses idées et sa façon de les mettre en scène pouvaient être discutables, mais peu importe. Lui et Yoko dans un lit pendant plusieurs jours pour la paix, l’image n’avait rien de glamour, mais ça ne faisait de mal à personne.
Et quand un soir de concert au Royal Albert Hall de Londres devant la Reine, il a dit : « Les personnes des places bon marché, tapez dans vos mains ! Les autres, contentez–vous de secouer vos bijoux… » Un autre jour, tout le monde se souvient, il a dit : « Les Beatles sont plus connus que Jésus Christ. » Il avait raison, il me sera toujours impossible de critiquer un mec qui a les couilles de secouer les idées reçues des grenouilles de bénitier. Lennon se servait de sa notoriété pour briser les conventions, pour faire bouger les consciences. Tant mieux, c’est d’ailleurs à ça que devrait servir la notoriété, renvoyer aux autres sous forme de soutien ce que l’on a reçu soit même en dividendes.
On aime ou pas Lennon, mais putain s’il y avait plus de mec comme lui, notre société serait moins en train de s’enfoncer dans le formatage où tout se ressemble. Ou chacun calcule ses mots avant de les prononcer, rajuste sa cravate avant d’entrer dans les salons dorés, travaille son image et ajoute une couche de vernis pour masquer le pitoyable de la situation.
Rien que pour ça, et sans être fan de Lennon du tout, j’adhérerai toujours à sa façon d’agir et de penser.
Lennon is a working class hero…













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