Ne soyons pas des lumières.
Chaque année, on nous demande d’éteindre nos lumières pendant une heure pour lutter contre le changement climatique. C’est la plus grosse hypocrisie de l’année. Les gens qui la relaient m’énervent d’une force qui ferait trembler l’incroyable Hulk.
Parmi eux, il y a surtout les décideurs et les journalistes. Enfin quand je dis journalistes, il est peut-être nécessaire de donner une explication. Un journaliste est censé à la base être un type doté d’une curiosité hors norme, tellement hors nome qu’elle en devient une qualité professionnelle lui permettant non seulement d’aller chercher l’info, mais aussi de se poser des questions quant à la pertinence de cette info. Le métier de journaliste ne consiste pas à reproduire des communiqués de presse sans état d’âme.
Mais revenons à cette heure que l’on veut nous imposer à la bougie. Arrête tu m’excites !
J’ai pourtant la fibre écologique… Ça ne veut d’ailleurs pas dire que je m’habille avec des pull à col roulé tricotés dans le Larzac et que je mange du fromage de chèvre fabriqué grâce à des bestiaux que j’élève dans ma salle de bain. Non, ça veut dire qu’à chaque moment de mon existence j’essaie de me poser des questions quant à mes actes et à mon impact sur la planète.
A mon boulot par exemple, je ne sors jamais des toilettes sans avoir éteint toutes les lumières restées allumées pour je ne sais quelle raison. Chez moi, aucun papier ne va à la poubelle générale, même la petite étiquette du sachet de thé finit dans le bac à papier. Je ne me vautre pas non plus pas dans la facilité d’acheter sans cesse le dernier ordinateur qui sort, le dernier smartphone ni de me gaver de viande à chaque repas etc.
Mais quel est le rapport ? Vous demandez-vous avec cette étincelle dans les yeux qui est bien utile pour voir lorsque les lumières sont éteintes pendant l’heure obscure.
Je vous explique, les décideurs et lobbyistes, les journalistes-copier-colleur de communiqués de presse et donneurs de leçons écologistes en tout genre veulent nous faire croire que eux respectent ce couvre-feu d’une heure.
J’y crois comme Fidel Castro croit en l’économie de marché ou Desproges en dieu.
Et quand bien même ils le feraient, est-ce que cet acte insignifiant les dédouanerait d’agir intelligemment tout au long de l’année ? C’est en effet malheureusement ça le problème de cette heure off. Quelques uns obéissent à l’ordre et se sentent alors tranquilles pendant un an.
Ils ont fait leur bonne action, ils ont sauvé la planète et peuvent maintenant sortir leur 4X4 du garage sans remord.
Belle avancée !
Quelques uns seulement des décideurs et lobbyistes, des journalistes-copier-colleur de communiqués et donneurs de leçons écologistes dont je parlais plus haut éteignent leurs lumières pendant cette heure là. Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas pour cette heure symbolique qu’ils vont le faire, c’est simplement parce qu’ils sortent pour un diner en ville et éteignent tout chez eux avant de partir. Enfin, j’ose l’espérer.
Au cours de ce diner en ville, ils dégustent un bon morceau de bœuf tout en twittant à plusieurs reprises sur leur smartphone. Leur bon steak de 300 grammes aura nécessité entre 45 000 et 75 000 litres d’eau pour être produit. Oui, ma petite dame, 100 grammes de viande rouge, c’est entre 15 et 25 000 litres d’eau utilisés. Plusieurs autres milliers de litres d’eau auront aussi été utiles pour la production du processeur du smartphone.
Alors oui, il faut respecter cette heure d’abstinence annuelle, mais à condition d’être honnête avec la planète le reste du temps, toute l’année. Sinon, c’est comme pisser dans un violon, ça soulage, mais ça ne fait pas de musique.
A bon entendeur, salaud !
































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