En ce moment je révise. Je révise parce que je vous prépare quelques trucs assez croustillants. Je relis entre autres Bruce Frederick Springsteen de Hugues Barrière et Mikaël Ollivier. Plutôt bien écrit, très complet, trop presque puisqu’on y trouve un grand nombre d’infos répétées deux voire trois fois. Mais rien que pour la préface proposée par Antoine de Caunes, le livre vaut le coup.

Dans ce bouquin, on y voit défiler toute la vie du Boss, depuis sa naissance annoncée avec une faute d’orthographe sur son nom par le journal local d’Asbury Park, sa ville natale, jusqu’à la sortie de l’album Magic. Et même au-delà puisque les auteurs y évoquent déjà le futur album… qui est sorti depuis !
Les chansons y sont traduites et expliquées à la lumière des événements de la vie du Boss. C’est un peu comme un journal intime que chacun pourrait déchiffrer. On nous donne les codes pour entrer dans la vie du Boss à travers ses textes. Cela permet de mieux comprendre notamment quelques erreurs magistrales du public.
Le contre sens de Born in the USA par exemple. Même les plus grands fans, ceux qui suivent le Boss partout ont fait de Springsteen une sorte de nouveau symbole de l’Amérique, de nouveau Rambo musclé à la suite de cette chanson. Alors que la chanson est tout l’inverse, elle évoque la vie d’un vétéran du Viet Nam qui est né aux USA mais qui n’a plus nulle part ou aller. Il est rejeté par l’Amérique.
Ce contre sens que même des anglophones faisaient, avait fini par énerver le Boss lui même. Il avait alors cessé de chanter cette chanson dans sa version habituelle pour proposer désormais des versions acoustiques méconnaissables histoire de faire prendre conscience de la valeur et du vrai sens du texte.
Plus loin, Hugues Barrière et Mikaël Olivier, les deux auteurs précisent que « …beaucoup parmi ceux qui le suivent…ont démarré leur histoire avec Springsteen aprés avoir vibré à l’un de ses concerts, et se souviennent de leur première fois« .
Même les plus grands semblent vibrer pour Springsteen. Sting et Peter Gabriel par exemple, à genoux devant le Boss en signe de respect lors de la tournée Amnesty International. Peter Gabriel qui s’y connaît en concert, avait dit en 1975 après avoir vu le Boss à l’Hammersmith Odeon qu’il avait vu là le meilleur concert de sa vie depuis Otis Redding.
En fait, on nous rappelle une évidence dans ce bouquin, mais il est bon de la rappeler : « Il existe deux catégories de personnes : celles qui sont déjà fans et celles qui, simplement, ne l’ont pas encore vu sur scène.«
Au-delà de la sympathie que l’on peut avoir ou pas pour Springsteen, ce bouquin fourmille vraiment d’anecdotes, d’infos et de réflexions. On peut ne pas le lire, mais ce serait dommage.
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