Ma technique pour voir si un album me plaît ou pas est simple.
Je glisse le CD dans ma chaîne, je le laisse défiler en faisant mille autre choses en même temps ; je cuisine, je lis, je range, je travaille sur mon grand projet (dont vous entendrez parler bientôt), et si un des morceaux du disque fini par m’arrêter dans une de mes taches, c’est plutôt bon signe. Si en plus mon fils qui passe par là me dit : « Je peux te prendre cet album ? Ça a l’air vachement bien. » Je pense alors qu’il est temps de ranger le tablier de cuisine et de tendre l’oreille comme un chien d’arrêt pour ne plus se contenter simplement d’entendre, mais d’écouter.
Puis, je réécoute encore et encore l’album, il devient finalement familier. La voix du chanteur et les mélodies en viennent petit à petit à faire partie de mon quotidien. C’est le cas de Ain’t but rock, un album avec lequel j’ai commencé ce rituel il y a un bon mois.
Le titre vous plante le décor, c’est du rock.
Pochette/By Sweetcafeine
En l’écoutant, rien n’indique que c’est du rock made in Belgium. Le fait que rien ne trahisse son origine est plutôt bon signe. Généralement les chanteurs francophones (Belges ou Français) qui ont la fâcheuse tendance à vouloir imiter les Anglais, à savoir chanter en rosbif, ont souvent un accent… et une voix suraiguë. C’est comique et sympathique. Sympathique étant le mot de mon vocabulaire qui veut dire grotesque. Mais là, non.
Alors donc, puisqu’il n’y a pas l’écueil de la prononciation, on peut entrer plus en profondeur dans le disque. Sur Your Fall, on navigue entre un riff de guitare lancinant, un tourbillon de rythmes qui embarque quiconque dans le mouvement et une hargne à peine contrôlée à propos d’une vie gâchée par des substances plus fortes que le chewing gum à la framboise : « …Fight for your life… » exhorte le chanteur. La vie est en effet une dure lutte, pas seulement pour les drogués.
No going back.
J’ai toujours été persuadé que les chansons d’amour ne devaient pas nécessairement être ‘chialées’ par des pseudos romantiques à la voix hurleuse. Je ne citerai pas tout un tas de gueulardes qui éructent des morceaux plus mielleux les uns que les autres sans pour autant qu’aucune émotion n’en ressorte. J’aurais, je le redoute, le même genre d’arguments à fournir à l’encontre de chanteurs pour femmes finissantes. Dans No going back, on sent la déchirure, le manque, la fin de l’histoire. On sent la violence de sentiments qui ne sont plus partagés désormais. La violence de la guitare et le texte sont plus efficaces que les artistes aux dents blanches dont je parlais à l’instant. On peut exprimer l’amour et avoir envie de secouer la tête de manière saccadée de haut en bas pour accompagner la rythmique. A condition d’avoir des cheveux et qu’ils soient longs !
Juste encore un mot, lorsque vous aurez ce CD entre les mains et la zique entre les oreilles, vous me direz alors si comme moi le titre I don’t belong here, vous a furieusement fait penser à du Linkin Park. Pendant que vous y serez, plus loin sur l’album, il y a Aware. Comme un air de famille avec Atomique Deluxe, isn’t it ?
Ain’t but rock de Everplay, un album que je vais réécouter encore une fois, juste par plaisir. Il n’y a pas de mal à se faire du bien.















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