Anvers, le 28 mars 2012.
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Avec Paul McCartney, c’est toujours pareil. Depuis le début des années 2000 je l’ai vu une bonne dizaine de fois et à chaque fois c’est la même chose… Toujours !
Les chansons, on les connait par cœur, on les a chantées mille fois, mais ça n’empêche. Lorsque le noir se fait dans la salle, on est saisi par l’émotion sans savoir encore vraiment pourquoi. On plutôt si, on sent qu’il va être là, on en a rêvé, on l’a voulu, mais on ne peut pas encore le croire. L’animation sur les écrans vient de se terminer par le dessin de sa basse Hofner en forme de violon.

L’émotion gagne, l’arrivée de McCartney sur scène déclenche une hystérie collective comme au bon temps du rock’n roll… comme au bon temps de la Beatlemania. Vous sentez alors que la main qui est dans la votre vous serre plus fort, vous sentez que vous avez les larmes aux yeux, une sensation incontrôlable.
McCartney à chaque fois, c’est pareil.
Et puis il y a Yesterday, Band on the run, il y a aussi l’hommage à George, à John Lennon aussi avec Here Today. « Il faut dire aux gens qu’on les aime avant que les jours ne passent et qu’il soit trop tard… » dit Macca. Puis il ajoute : « Voici une chanson, c’est une discussion qui n’a pas eu lieu entre John et moi. » On imagine alors qu’il avait ensuite envie de dire… Malheureusement !
J’ai alors relevé la tête du guidon pour humer l’ambiance, regarder autour de moi, comprendre. Que se passe t-il ? Il y a une sorte de magie, comme un soir de Noël, malgré les emmerdes de l’année, c’est une trêve dans les ennuis, dans les soucis. Les tourments nous laissent un moment de répits. C’est un no man’s land de l’inquiétude. Je regarde parfois les yeux clairs qui sont à côté de moi. La vie a du bon. Tout le monde chante, je souris bêtement. On est toujours un peu nigaud quand le bonheur nous submerge. Je m’en fous.

Je me dis alors qu’on a le droit de ne pas aimer les Beatles, de ne pas aimer McCartney. Mais on ne peut pas en dire du mal, ce mec a désormais passé un cap. Il a été une star dés ses 20 ans. Puis il est devenu une légende après la mort de ses copains John puis George, il porte désormais l’héritage des Beatles et son propre héritage personnel.
Il est maintenant au-delà de la légende. En le regardant avec le peu de distance que j’arrivais à prendre dans un tel moment, je me suis rendu compte qu’il était désormais immortel. Sa musique est là pour toujours puisque les générations se passent le relai entres elles. Ses chansons sont reprises par les groupes de Metal les plus durs, par les artistes de variété, par les rappeurs, les rastas…

Des chansons qui sont comme l’instinct, elles sont en nous, qu’on le veille ou non. Moi je le veux, à chaque fois que je place un disque de ce mec dans ma platine, je sais que je vais être bien.
Chaque année depuis 1970 (à quelques exceptions près) depuis la séparation des Beatles, le groupe est le plus gros vendeur d’albums chaque année. Je ne crois pas que ce soit totalement un hasard. McCartney a été 40 fois n°1 aux Etats-Unis, il doit aussi y avoir une autre raison que la chance. Si tous les artistes, ou presque, qu’on a la chance d’approcher dans notre métier nous disent immanquablement que dans leurs influences il y a un groupe de Liverpool qui a révolutionné la musique et changé en partie la société dans les années 60′, il doit y avoir une explication autre que : Ils étaient là au bon moment !
Avec McCartney, c’est chaque fois pareil, on rêve, on a des frissons, on a le regard embrumé… Et… Merde je pleure.















Merci à Anne Verbeke pour ses superbes photos.
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