Sting était souriant pour ce concert avec l’Orchestre Philharmonique de Londres. En le voyant, je pensais à la tournée Police, il y a 4 ans. A l’époque j’avais eu la sensation que cette reformation s’était faite essentiellement pour faire plaisir aux fans et régler la crise bancaire mondiale. Sting était souriant aussi, maintenant il est heureux, ça se voit, ça se sent, il transpire le bonheur. Il est épanoui.

Il est désormais dans son élément. Cela fait plusieurs albums de suite qu’il explore des horizons bien différents du punk des origines de Police.
Sting a la réputation d’être un homme urbain, charmant, certainement pas arrogant comme il a été accusé à tort. Antoine de Caune qui le connaît bien dit que « …Le fait qu’on l’ait accusé d’être arrogant, supérieur même, je crois que c’est né de son ambition de mêler les musiques et de faire du jazz. Le jazz a cette image d’une musique dans laquelle les types se sentent au dessus de la mêlée parce qu’ils font des trucs plus élaborés que les trois accords basiques du rock. »

Sting, comme Peter Gabriel, comme McCartney et aussi David Gilmour dans une certaine mesure, cherche. Il empreinte des chemins détournés pour aboutir à des résultats qui montrent qu’il ne se laisse pas enfermer dans un genre, dans un style.

Lors de ce concert, il apparaissait complice des musiciens de l’orchestre autour de lui. Il y avait un lien entre tous qui se voyait. Toute la première partie s’est faite avec la puissance et la subtilité des arrangements symphoniques : English man in New York, Roxanne, If i ever loose my faith in you, Russians se sont succédés. Next to you en fin de première partie annonçait du mouvement pour la suite.

Je vous ai fait écouter de la bonne musique aurait pu dire Sting. De la « grande musique » comme disait ma grand mère. Après les vingt minutes de pause, ça va déménager aurait-il pu ajouter.
La suite était en effet plus « rock’n roll ». Les musciens des cuivres en fond de scène sautaient en rythme en faisant une vague, les musiciens aux cordes tapaient dans les mains sur le battement. Les musiciens n’étaient pas là pour accompagner la vedette, ils faisaient aussi le spectacle. Le chef d’orchestre était un spectacle à lui seul. Il semblait par moment livrer un combat de boxe contre un adversaire imaginaire tellement ses gestes étaient amples et volontaires.

Puis des guitares électriques sont venues s’ajouter à la sonorité classique. Le mélange était une réussite.
Trois énormes carrés de lumière surplombaient la scène. Selon les besoins, ils descendaient, s’orientaient face au public et pouvaient devenir des écrans géants. Les couleurs de ces diffuseurs définissaient la tonalité de la salle entière. Une ambiance cosy par moment, punchy par d’autres.


Une comparaison avec Peter Gabriel qui fait également une tournée symphonique est inévitable. Gabriel génére plus d’émotions et Sting plus de joie et de rythmes. Sur le même principe de tournée, il a donc été possible de vivre des moments très différents et mémorables.


Trois rappels sont venus ponctuer la magie du moment. Etaient-ils tous planifiés ? Probablement.
Mais Sting a donné de l’unicité à ces ultimes moments. I was brought to my senses en accapella pour conclure, a laissé planer la voix si particulière, si veloutée de l’Anglais dans tout l’espace. Le son était bon, pour une fois.
Les yeux et les oreilles avaient fait le plein d’images et de musique, il était alors temps de continuer à rêver… dans son lit !
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