Tout commence ce 11 juin par des manifestants qui montent sur scène avec des banderoles et des drapeaux.
Une manif ? On est donc bien en France…
Mais non madame ! C’est un cliché, que dis-je un cliché ? C’est une mise en scène. Les manifestants faisaient partie du spectacle, je ne suis d’ailleurs pas convaincu de l’intérêt de tout ça, c’était brouillon. Ils étaient une cinquantaine selon la police, 200 selon les organisateurs. Puis ça a commencé, vraiment. Uprising. Morceau qui ouvre aussi le dernier album de Muse que j’avais chroniqué ICI.

Avant le début.
They will not force us
They will stop degrading us
They will not control us
We will be victorious
Refrain de Uprising qui était en slogan sur les panneaux des manifestants. Le public reprenait en choeur et… le coeur de 80 000 personnes, ça bat très fort. Ça martèle.
Puisque on est dans les chiffres, il y a 60 semi-remorques dehors sur le parking, 350 personnes ont travaillé pour monter le matériel et la scène fait 70 mètres de largeur. La scène est vraiment gigantesque, futuriste, je ne sais pas bien ce qu’elle représente, on croirait la proue d’un énorme bateau. Les flancs servent d’écran géant. Les effets visuels sont réussis.

Après.
J’avoue ne pas être sensible à tout ça, même si je reconnais que les effets sont utilisés à bon escient. Non, je suis bien plus impressionné par le triomphe de ce groupe qui faisait encore des concerts dans des petits clubs il y a une décennie. Impressionné par tant de personnes ce soir qui sont transportées par une musique pas si facile d’accès. Des guitares violentes et métalliques, des rythmiques ultra puissantes et parfois lourdes. Ils ont …des flingues de concours et la puissance de feu d’un croiseur… ces mecs là.
Pour un stade de la grandeur de celui-ci, il faut reconnaître que le son est plutôt bon Les médiums ne se fracassent pas contre les piliers en béton, les sons graves profonds et aigus nous transmettent cette fameuse puissance.
En observant le spectacle, je me conforte dans ce que j’avais pensé il y a presque un an lors du Sea Side Rendez-vous. Ce groupe sait où il va. Rien n’est fait au hasard, le son, l’image et la scénographie de Muse se construisent peu à peu, mais sans concession.

Dominic Howard, photo 2009
Matthew Bellamy avait refusé de changer sa façon de chanter pour plaire au marché américain comme lui avait demandé sa maison de disques à ses débuts.
Quelle revanche ! Le groupe remplit désormais des stades de 80 000 personnes partout dans le monde. Et toujours avec cette voix de châtrée, puisque c’est à mot cachés ce qui lui reprochait le responsable de la succursale américaine de sa maison de disques de l’époque. Je me demande ce que fait ce responsable aujourd’hui ? J’ai une profonde aversion pour ce genre de mecs qui veulent tout formater, qui veulent que tout rentre dans des cases bien rangées.
Ça me rappelle le responsable de Decca dans les années 60′ qui avait refusé de signer les Beatles parce que les groupes avec des guitares n’avaient plus d’avenir selon lui. La vache ! Être visionnaire à ce point, ça donne une vraie idée de l’infini.
Mais revenons à Muse avec ses longues intros au piano et ses fausses montées à la Bohemian Rapsody de Queen. Avec ses reprises tellement bien faites qu’elles deviennent davantage que des hommages. Le groupe s’approprie Feeling Good, cette chanson popularisée par Nina Simone et qu’aimait tellement écouter la maman de Matthew lorsqu’il était petit. La reprise de l’homme à l’harmonica donne aussi une autre dimension à la musique des westerns. Il faut bien avouer que la guitare électrique n’était pas vraiment le truc de Ennio Moriconne.
Je me demande si dans cinq ans il y aura des enceintes assez grandes pour accueillir ce qui va devenir sans contestation le plus grand groupe des années 2000 ?

Matthew Bellamy, photo 2009
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