
Dave Gahan, heureux d’être là.
Tout avait pourtant bien commencé. Dés les premières minutes on a eu droit à Wrong, déjà un tube. La foule attendait ce morceau avec impatience, ça se sentait. C’était palpable, comme une sensation de manque entre deux amoureux. Et les filles sont amoureuses de Dave Gahan, le chanteur.
Alors la foule a été récompensée, vite. Dave Gahan s’est approché du micro, derrière lui une nappe au synthétiseur, sa voix a résonné dans l’immensité de Werchter : « …WRONG !… » Des frissons sur les bras, on y est, ça va envoyer du steak.

Wrong !
Puis nous avons ensuite attendu, attendu, et encore attendu les fameux tubes. Depeche Mode n’étant pas vraiment un groupe d’albums mais davantage de tubes, on les attendait, on les voulait. On voulait s’éclater. L’attente a duré soixante quinze minutes exactement.
Pendant ce temps, nous avons été distraits par des titres du nouvel album et d’autres pêchés sur des albums historiques. Rien de très connu, même pas des fans puisque peu de spectateurs manifestait une quelconque satisfaction. Distrait est le mot, je jetais des regards ennuyés vers le ciel, les avions faisaient leur approche d’atterrissage à Zaventem. Il faisait beau, mais frais.
A côté de moi, Laurent Rieppi me donne un petit coup de coude » Encore deux titres, si rien ne bouge, je pars ! »
1h15 après l’arrivée sur scène du groupe, les 350 000 watts ont donc crachés I feel you, Enjoy the silence et Policy of Truth entre autres tubes. Génial ! Enfin… presque génial…

Andrew Fletcher.
Etait-ce par ce que le temps d’attente avait été long que le public ne réagissait que peu ? Etait-ce parce qu’il n’y avait pas de show, comme on aurait pourtant pu s’y attendre d’un groupe qui côtoie le monde de l’électro ? Etait-ce à cause des blancs de près d’une minute entre chaque morceau ? Difficile de répondre.
Mais l’ambiance était nettement moins chaude que pour Moby une heure plutôt. D’ailleurs parler d’ambiance est déjà un abus de langage. Dave Gahan, le chanteur sexy a bien essayé de mettre de …l’ambiance, mais la sauce ne prenait vraiment pas. Ses tours sur lui-même, ses attouchements félins, ses clins d’oeil et ses déhanchés ont vite atteints leurs limites.
Il lui a fallu plus d’une heure à lui aussi pour s’avancer sur l’avant-scène et tenter une osmose avec la foule. A peine était-il arriver sur cette avant-scène qu’il faisait déjà demi tour pour remonter. De dos, il montrait ses fesses. Les filles ont aimé.

Martin Gore.
Devant cette scène immense, je regardais Martin Gore dans son cotume des frères Bogdanov, Dave Gahan et Andy Fletcher. Je me laissais aller à rêver d’un DVD que j’avais vu il y a déjà quelques temps. Le fameux Live à Milan de la tournée Touring The Angel. J’aurais tellement aimé y retrouver l’ambiance de ce concert italien d’il y a quelques années. Mais on en était loin.
Dommage, jusque là le festival TW Classic avait été un très bon cru, Moby et Keane avaient vraiment mis le feu. Après Depeche Mode, Basement Jaxx ont aussi fait une bonne prestation. C’est comme ci il y avait eu un espace temporel décalé entre 21h et 23h.
Dans les mails que j’ai réçus aprés avoir parlé de ce concert sur Classic 21, on m’expliquait qu’il fallait être compréhensif avec Dave Gahan, fraîchement opéré. Bien entendu qu’il faut l’être. On me disait qu’il avait eu un cancer. Heureusement que non, il a eu une tumeur bénigne ce qui n’est pas la même chose, tant mieux pour lui. J’y tiens à Dave Gahan moi aussi, j’ai envie de le voir le 23 janvier prochain à Anvers.
Le 5 décembre dernier, j’ai vécu les émotions les plus importantes de ma vie professionnelle en concert. A en avoir les larmes aux yeux tellement ce que je vivais était fort et intense. L’artiste qui était sur la scène de l’AB ce soir là était pourtant en phase terminale d’un putain de cancer qui allait nous le faucher deux mois plus tard. C’était Bashung, je l’appellerai Alain pour le grand monsieur qu’il a été avec moi ce soir là… avec moi, petit photographe que je suis.
Depeche Mode est un des mes groupes de toujours, malgré ça, je n’arrive pas à trouver un seul point positif à ce que j’ai vu et entendu samedi.

On tape dans les mains…s’il vous plaît !
Dave Gahan n’avait pas de souci de santé, il était en pleine possession de ses moyens, il n’avait simplement pas de charisme.
Ça arrive.
Et puis, lui tout seul ne pouvait pas tout faire. Même Mick Jagger deux ans plutôt, au même endroit ne pouvait à lui seul sauver la baraque Rolling Stones qui sombrait. Pourtant Jagger c’est une autre dimension que Gahan. Il faut donc bien reconnaître que Dave (rien à voir avec le Hollandais) a fait son possible, mais il était vraiment seul à s’agiter.

Le concert s’est terminé avec un morceau plus intimiste Waiting for tonight, les musiciens sont venus saluer sur l’avant-scène, un salut que j’ai trouvé d’ailleurs assez chaleureux et relativement attendrissant. Ils ont ensuite fait demi tour pour s’éclipser. On a alors revu Dave Gahan de dos. Les filles ont encore aimé, c’était peut être là le meilleur moment finalement…

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