
Pour faire suite à l’article précédent et répondre au commentaire de Phil et à quelques uns d’entre vous qui par mail ont eu la même réaction que lui.
Personne n’a parlé de hooliganisme dans cet article. Le foot n’est pas inévitablement synonyme de hooliganisme. Cela dit, il faut bien reconnaître que s’il y a bien un sport imprégné de violence c’est le foot. La violence n’est pas que physique, mais surtout verbale et c’est tout aussi malsain.
Je suis allé voir régulièrement des matchs ces deux dernières saisons avec mon fils. A chaque fois, je dis bien à chaque fois, excepté dans le stade de Geoffroy Guichard à St Etienne, des dizaines de personnes autour de moi insultaient les adversaires ou l’arbitre. Des dizaines autour de moi, ça veut dire des milliers au total dans le stade.
Il ne s’agit pas de moquerie, mais de vraies insultes avec des gros morceaux de haine dedans accompagnés d’yeux imbibés de méchanceté.
J’ai même été témoin d’insultes vis à vis de l’arbitre qui provenaient d’un petit garçon d’une dizaine d’années ! La poignée de connards d’adultes qui était autour s’amusait de cela. J’expliquais alors à mon fils que le sport était tout sauf ça et que ça n’était pas du tout drôle de voir un enfant insulter un arbitre. Il risque de devenir malheureusement un adulte aussi con que ceux qui l’ont « formé ».
Mais le sport c’est aussi en faire, ce qui n’est pas toujours le cas des gens qui remplissent les travées des stades. Pour beaucoup le sport n’est qu’un spectacle, un peu comme le cirque, jamais une pratique. Quand on fait du sport, on comprend alors que l’arbitre peut se tromper, c’est énervant, mais c’est le sport. On comprend aussi que l’adversaire n’est pas un ennemi.
Mais après 4 ou 5 bières, le spectateur n’a peut être pas vraiment cette notion en tête…
PLATINI
Quelques années avant la coupe du monde en France, j’ai eu la chance de rencontrer mon idole de toujours. S’il y avait quelqu’un que je voulais absolument interviewer dans ma vie, bien avant Springsteen ou McCartney, c’était Michel Platini.
Alors qu’il était submergé de boulot, en tant que président du comité d’organisation de la coupe du monde, il m’a quand même accordé plus d’une heure. Immanquablement, nous sommes venus à évoquer la finale de la Champions League de 1985 entre la Juventus et Liverpool. C’était le drame du Heysel. Je l’ai senti triste, très triste.
Il m’avait confié que toute sa vie, il avait rêvé de ce moment. Quand il était un minot, son seul rêve était un jour de soulever cette coupe. Un rêve évidemment inaccessible pour 99,99% des enfants qui ne deviendront pas des footballeurs de ce niveau. Lui, a eu la chance d’être meilleur que meilleur.
« Mais ce jour là, m’a t-il dit, on m’a remis la coupe dans les vestiaires, personne n’a fait la fête. Que signifiait une coupe d’Europe alors qu’au dessus de nos têtes, dans les gradins, 39 personnes avaient perdu la vie ?«
La petite violence ordinaire peut devenir extrême lorsqu’elle est couvée au sein d’une foule qui pour une raison dérisoire en vient à se déchaîner.

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