Il aurait presque fallu me pousser pour que j'aille voir ce concert, deux heures avant j'en étais encore à essayer de trouver une activité plus intéressante.
Tout le week-end j'avais écouté des albums de Monsieur Cohen (je l'appelle Monsieur par respect). Sur la route vers la salle, je le réécoutais encore. Et si c'était ennuyeux ce concert ?

Puis les lumières de la salle se sont éteintes, la clameur est montée. Léonard Cohen, un chapeau vissé sur la tête, est arrivé en sautillant, son guitariste l'avait précédé de quelques secondes et s'était assis sur un confortable fauteuil en velours rouge. C'est peut être pour ça que Monsieur Cohen était monté sur scène en courant, le premier arrivé avait le droit au fauteuil !

Un geste du chapeau est venu saluer le public, comme un remerciement d'être venu si nombreux et en même temps de l'estime pour ces gens qui ne l'ont pas oublié. Deux soirées à plus de 6000 personnes sans publicité tapageuse, c'est déjà en soit une reconnaissance du talent.

Après un sourire discret mais sincère, il a reposé son chapeau sur sa tête par un geste lent, puis il s'est mis à chanter Dance me to the end of love. La voix parfaitement juste, à l'identique de ce qu'il avait enregistré sur l'album Various Positions, 23 ans plutôt. Peut-être même mieux qu'il y a 23 ans, la voix est plus profonde désormais.
Une voix terriblement grave, posée, calme, empreinte d'une certaine sérénité. La communion avec la foule sentimentale a été immédiate, une foule captivée, envoûtée. On pouvait presque palper l'émotion qui avait déjà gagné la salle.
Pendant trois heures, ce mélange de sentiments forts à l'égard de quelqu'un que je connais finalement moins que ma belle-soeur me donnait à penser que dans ce monde il y avait encore des moments qui méritaient d'être vécus. Trois heures sans crise financière, sans spéculateur-escroc ni paradis fiscaux, sans parachute doré ni dé-localisation.
Rien de grave n'était envisageable.

Étrange cette sensation de regarder Léonard Cohen les yeux dans les yeux, bien que lui comme nous, avions souvent les paupières baissées, pour méditer.
La voix emplissait chaque recoin de cette grande salle. Du premier fauteuil à deux mètres de la scène jusqu'au fond le plus obscur du dernier étage proche de la sortie, un même esprit, une même ambiance.
Les chansons se sont enchainées, Bird on the wire, Everybody knows, In My secret life. Sur Who By Fire, Léonard Cohen était seul avec sa guitare pour un début de chanson aux accents orientaux. Une vraie dentelle, je laissais vagabonder mon esprit sur la route de la soie, à travers la poussière et le raffinement des palais des riches orientaux. Les paroles ne prêtaient pas à ce vagabondage là, mais la musique oui.

L'avantage des textes an anglais est qu'on est libre de s'autoriser toutes les interprétations en refusant de les comprendre pour profiter de l'ambiance que créent les sonorités.
Sur The Partisan, on se doit de faire l'effort de comprendre les paroles. C'est alors pesant, plombant, l'atmosphère est lourde, mais il a y une place à l'espoir puisque cette chanson qui évoque la seconde guerre mondiale se termine par : …freedom soon will come…
On peut donc par moment, faire abstraction des paroles, se laisser simplement porter par la mélodie, par la lenteur douce heureuse du rythme lui même souvent souligné par la contrebasse.
Une contrebasse ensorcelante comme ces trois choristes à la voix de sirène. Léonard Cohen a toujours aimé les belles femmes, qui le lui reprocherait ? Je me disais que le plus habile des guitaristes, le plus génial des claviéristes ne pourrait jamais rivaliser ni obtenir de son instrument un son aussi harmonieux que la voix d'une de ses trois sirènes. Un envoûtement.

Chacune a eu son moment à elle, un moment où elle se retrouvait seule avec la guitare, avec une harpe ou avec simplement sa voix. Et avec un Léonard Cohen respectueux qui admirait, comme tout le monde. Leurs chants en solitaire ou en duo me faisaient penser à Bang Gang, un groupe pop islandais, essentiellement vocal.

Ses sirènes, deux fois, il les a présentées. Comme il l'a fait également pour chacun des autres musiciens avec pour chacun un mot choisi qui le définissait selon son instrument…”the master of timekeeping” pour le batteur, “the prince of arpegio” pour le guitariste devant lequel il s'est agenouillé plusieurs fois d'ailleurs. Cet homme est la générosité incarnée.

Après un, puis deux, puis trois rappels, il a terminé avec Closing Time, un beau titre pour terminer un concert. Mais ce n'était qu'une fausse fin.
Il est revenu. Chaque musicien a fait un mini solo. Le public était debout. Léonard Cohen a pris le micro et a chanté I tried to leave you.
Pas facile de se quitter, en effet. Quand on retrouve un vieil ami comme Léonard, (je l'appelle par son prénom comme je le fais pour un ami avec qui j'ai partagé un bon moment) on voudrait que ça dure longtemps.
Les lumières se sont rallumées. Mais là encore il s'agissait d'une fausse fin, …”Good bye my friends“…le concert a continué encore et encore…Il a continué dans les têtes. Bien au-delà du ring de Bruxelles.
Bien au-delà de ce lundi 20 octobre 2008.

Les à-côtés du concert
___________________
- La loge
C'est un secret, ne le répétez pas. J'ai eu à passer devant la loge de Léonard Cohen juste avant le concert. L'ambiance était aussi à la sérénité et au bien-être. Par correction, je ne peux décrire ce que j'ai vu, mais l'odeur d'encens était agréable et inattendu dans ce lieu habituellement si bruyant et si grouillant de gens qui courent dans tous les sens.

- Anecdote
A la fin du concert, j'ai croisé un responsable du lieu qui m'a confirmé ce que j'avais constaté. La quasi totalité de l'industrie Belge de la musique était dans la salle ce lundi. Même les photographes qui d'habitude rentrent chez eux après les trois chansons réglementaires de prises de vues étaient restés. “C'est le genre de concert qui construit la légende du lieu…”, m'a t-il dit également.
- Pour ceux qui n'étaient pas sur Classic 21, le lendemain, voici un peu de son.




Dommage d’avoir raté cela… En tout cas, de superbes photos Eric, Bravo! Chapeau bas…
Oui, excellent compte-rendu, c’est vraiment ce que j’ai ressenti. On aurait pas pu le décrire aussi bien!
Et superbes photos, merci.
Voila un commentaire de pro. Nous faisons notre possible mais la différence est quand même là.
voix divine, envoûtante, enivrante même surtout quand il chante “i’m your man”
j’aurais aimé être là.
waouw superbe compte rendu et photos magnifiques…
c’est fou comme il me fait penser à Dean Martin ou Sinatra de par son style et sa classe…
cela dit c’est un peu normal de le connaître moins bien que ta belle soeur… :-)
Je remonte ici vos commentaires du lendemain du concert…
Jovilover
21 oct 2008 à 6:42 Modifier
J’y étais hier aussi et si j’ai le courage je posterais une petite review ce soir… parce que là j’ai pas trop les yeux en face des trous et je risque dire des bêtises.
2 Marc Bossaerts
21 oct 2008 à 10:17 Modifier
Salut,
Je suis un fidèle de Classic 21, je dois avoir l’âge et plus de la moitié de ma discothèque en commun avec Marc Ysaye. Je m’extasie autant à l’écoute d’un bon vieux “Beatles”, d’un “Led Zep” ou d’un “Yes” que du dernier “Kings of Leon” et pourtant , c’est la première fois que je vous écrit !
En cause, un CONCERT !!!!
Des concerts, j’en ai vu des dizaines et des dizaines et il en faut beaucoup pour m’impressionner et là c’est un vieux Monsieur de 74 ans qui y arrive …. LEONARD COHEN.
J’suis pas un fan ni un inconditionnel, je ne connais pas les paroles d’une seule de ses chansons par coeur et néanmoins il m’a scotché trois (3 !!!) heures durant. Je me doutais bien qu’il ne fallait pas s’attendre à un concert qui déménage, à un lightshow d’enfer mais il a prouvé (était-ce encore nécessaire ?)que sincérité, simplicité et humilité valaient bien plus que tous les artifices, même si j’aime ça aussi !
Bien sûr, il était entouré d’un band irréprochable, 6 musiciens et trois choristes, avec des arrangements subtils et adéquats qui, appliqués à n’importe quel autre interpréte aurait donné de la guimauve, mais au service de COHEN donne de l’émotion à l’état pur !!!
Et si on m’avait dit qu’au programme, j’aurais droit aux mandoline, harpe, clarinette et autre hautbois, joués par des musiciens bien propres sur eux, j’aurais sans doute levé les yeux au ciel. Mais là , je fais chapeau bas, pas une fausse note dans un concert limpide. Un grand moment, un grand MONSIEUR et beaucoup d’émotions !!!
Marc
3 Patrick
21 oct 2008 à 12:21 Modifier
Absolument parfait, beaucoup d’émotions, quel grand bonhomme !
4 Jovilover
21 oct 2008 à 12:44 Modifier
C’est vrai quel grand bonhomme ce poète canadien! Bon je suis loin de connaître tout mais classe et surtout, quelle claque que j’ai prise!
J’avais un peu peur de “m’ennuyer” parce que c’est pas trop mon style de musique mais j’aime beaucoup sa voix et je n’ai vraiment pas été déçue !
Je l’ai trouvé assez impressionnant sur scène. Il chante comme il respire et ça nous file des frissons tellement c’est puissant !
Puis, c’est aussi quelqu’un de super généreux, il nous a concocté une super setlist et n’a pas oublié de chanter mes préférées :D
Il nous a transmis toute son émotion… Et putain quelle voix !
Respect !
5 Estelle
21 oct 2008 à 12:55 Modifier
j’espère qu’il reviendra parce que j’ai raté l’événement et je le regrette encore plus de vous entendre. c’est vraiment un grand monsieur
Bernadette
6 Marie-France
21 oct 2008 à 13:33 Modifier
Cela fait trente ans que je l’écoute,mais c’est la première fois que j’allais le voir en concert.
Ce fut une soirée unique que je n’oublierai jamais.
Léonard Cohen est un grand poète,c’est un homme généreux,humble,respectueux de son public,de ses merveilleux musiciens et merveilleuses choristes,tous sensibles,perfectionnistes et faisant vibrer un lien entre eux.
Sa voix chaude,profonde,mûrie au fil des ans,porte ses textes jusqu’au plus profond de nous.
Il laisse la place et le temps à chacun de ses partenaires,il les écoute,les remercie….je n’ai jamais vu un auteur-interprète s’agenouiller devant son guitariste avec cette sincérité et ce sens du partage.
C’est un homme touchant,il nous a fait un vrai cadeau,on sentait qu’il était heureux d’être là.
Merci,Léonard Cohen,vous êtes un enchanteur.
Marie-France
7 Serge
21 oct 2008 à 15:39 Modifier
Le 20 oct 2008 à 10:50 j’écrivais déjà ceci.
Depuis l’année 1965 j’ai vu tellement de concert, que je me disais qu’il n’était pas trop possible qu’un jour je reçoive encore une grande claque dans une salle de spectacle. Mais hier soir à Forest National j’ai vu un grand, un tout grand monsieur, que je n’avais jamais eu la chance de voir en spectacle. Je veux parler de Léonard Cohen.
En trois heures de spectacle, ce poète de la chanson nous a étalé tout son art et sa longue carrière qui est jalonnée quand même de nombreux hits comme Suzanne, So long, Marianne, Bird on a wire, Tower of song, I’m your man, Hallelujah etc……. la liste est trop longue.
Dans une salle comble, les spectateurs étaient sous le charme de sa voix douce et chaude. Dans les éloges je n’oublie pas ses musiciens qui l’accompagnent avec un spécial coup de chapeau pour le guitariste et ses 12 cordes.
A la fin du spectacle c’est sous les ovations d’un public debout que Léonard Cohen a quitté la scène. Nous savions tous qui nous avions assisté à quelque chose de grand. MERCI l’artiste pour cette belle soirée de poésie.
Résultat. Depuis dimanche je suis toujours sur l’océan de douceur sur le quel Léonard Cohen m’a conduit. Je sais qu’un jour il faudra bien retrouver le port, mais je ne suis vraiment pas pressé tellement le voyage reste beau dans la tête.
Revenez nous vite Monsieur Cohen.
8 brigitte
21 oct 2008 à 15:46 Modifier
74 ans, le chanteur québécois a répété son concert brugeois de juillet mais avec une pêche encore plus impressionnante. L’homme court sur scène, met le genou à terre plus d’une fois et surtout, durant trois heures montre en main, livre un message empli d ‘amour, d’espoir et d’énergie positive. On ne va pas ici refaire la critique d’un concert à l’identique de celui de l’été (notre texte est toujours consultable sur Frontstage) mais simplement rappeler quelle intemporalité musicale nous avons vécue dimanche. Leonard Cohen, c’est bien sûr un grand poète et un mélodiste hors pair, c’est aussi un homme au charme fou, à la classe incroyable, avec son feutre qu’il ne cesse d’enlever pour saluer le public ou ses musiciens. Enjoué, Leonard remercie sincèrement, du fond du cœur et avec émotion, l’accueil chaleureux du public. De sa voix grave il nous chavire.
Quand on pense qu’au départ, c’est pour des raisons financières que Cohen a entrepris cette vaste tournée mondiale (sa secrétaire particulière plutôt indélicate l’a laissée sur la paille pendant qu’il vivait sa spiritualité dans un temple zen près de Los Angeles), on se dit que la crise peut parfois avoir du bon. Car finalement, le succès inattendu de Cohen (c’est la première fois qu’il « fait » Forest) n’est autre que celui d’une valeur sûre en ces temps de tempête boursière sur les certitudes. L’homme rassure, et ses chansons sont un refuge pour tout ce qui touche à l’éternel. Il aura suffi qu’il disparaisse des scènes durant une quinzaine d’années, tout en livrant des disques qui n’ont pas rencontré de réel succès, pour qu’il passe sans prévenir des Beaux-Arts ou de la salle reine Elisabeth d’Anvers à deux Forest-National. Sans nouveautés (son nouvel album se fait attendre !). On appelle ça le génie mystérieux de la longévité.
9 Martine
21 oct 2008 à 17:58 Modifier
Impressionnant ! De la magie, de l’émotion, un grand, très grand moment !!! “LE” concert dont je me souviendrai longtemps.
Les musiciens étaient à couper le souffle, le son d’une rare beauté, tout, absolument tout a contribué à nous faire vivre un moment unique.
Nous vous aimons Monsieur Cohen.
10 Dumont Danielle
21 oct 2008 à 20:30 Modifier
Quand je suis rentrée du concert hier soir … ou plutôt ce matin très tôt, j’en avais encore plein les oreilles et les yeux.
Des concerts j’en ai fait et celui-ci ma laissée bouche bée.
Une symbiose parfaite entre un public conquis dès la première note et un grand Monsieur respectueux et humble. Une voix extraordinaire, une émotion sans pareil, des moments toujours aussi forts qu’il y a … quelques années, des classiques indémodables et ho combien d’actualité.
Des musiciens et des choristes talentueux, un concert réglé au milli poil et pourtant j’avais l’impression d’un tête à tête.
Chapeau bas Monsieur Cohen, lorsque vous dites à votre public “my dear friends” ce ne sont pas des paroles en l’air, elles m’ont touchées droit au coeur.
11 Frédéric C
21 oct 2008 à 22:40 Modifier
Un grand Monsieur ce Leonard !
Je l’ai vu à Brugge et suis retourné a Bruxelles hier.
Je pense aller le voir en Allemagne.
Je ne m’en lasse pas. Il est d’une générosité tellement touchante !
Il n’hésite pas à se placer en arrière de la scène pour laisser la place a ses formidables choristes, il remercie ses musiciens d’une manière si touchante, il nous fait partager des moments uniques et intenses!
Classe, sobre, avec sa voix toujours aussi magnifique….J’en ai eu des larmes aux yeux….
Merci Leonard
12 Patrice Clos
22 oct 2008 à 0:29 Modifier
Bonjour à tous,
D’abord, merci à Eric pour cette page.
J’ai lu attentivement tous les commentaires et une chose me fait le plus grand plaisir: c’est que, même si on connaît peu ou mal ou pas du tout l’oeuvre de Cohen, ce concert a marqué les esprits.
Et ce fait est nouveau !
J’ai tellement l’habitude de lire des commentaires provenant uniquement de “fans” de LC que c’est encourageant pour les futurs albums.
En passant, le CD et le DVD de la tournée sortiront au printemps prochain…
J’attends l’article avec une certaine impatience, espérant pouvoir le publier sur le site francophone de Leonard Cohen.
Bravo et merci à vous, mes amis.
Bravo et merci à Leonard !!!
Patrice.
13 marc
22 oct 2008 à 0:29 Modifier
A 51 ans entendre, voir, sentir, ressentir, vibrer, oublier, se rappeller, être là , autant d’émotions que m’ont procuré le concert de Nice. J’ai partagé ce moment de pur bonheur avec mon fils.Je retourne lundi prochain à Genéve pour savourer à nouveau ce plaisir sans limite, cette nostalgie empreinte de sagesse. Et j’espére trouver des palces pour l’olympic. Les réactions laissées sur ce site me confirment que nous allons vivre un long moment.
Marc
14 Serge
22 oct 2008 à 13:40 Modifier
Moi aussi j’attends l’article d’Eric avec impatience. Avec tous les éloges, plus que méritées, qui sont déjà sur le blog, ce ne sera pas facile de trouver d’autres mots aussi justes. A mon avis si notre amis Eric veut être original, il sera presque obligé de nous dire qu’il n’a pas aimé !!!!!
Courage Eric lance toi.
15 Pigestone
22 oct 2008 à 13:47 Modifier
La salle est archi-comble (toutes des places assises). Un public
entre 30 et 70 ans qui reconnait toutes les chansons dès
l’introduction. A gauche et à droite de la scène, 2 écrans géants qui
ne ratent aucun moments forts (Martin Scorsese n’aurait pas pu faire
mieux ;-). Je crois qu’un DVD sortira sous peu.
Des concerts, j’en ai vu des centaines mais celui là, je ne suis pas
prêt de l’oublier. C’est un vieux Monsieur de 74 ans qui y est
arrivé, Leonard Cohen.
Il m’a fasciné durant trois heures avec sa voix chaude et profonde !
Entouré de six musiciens et trois choristes irréprochables. Guitares,
saxo, mandoline, harpe, harmonica, keyboards, piano joués par des
musiciens exceptionnels, pas une fausse note dans un concert superbe.
Sharon Robinson (qui chante avec lui depuis 1979) est sublime et les
2 Webb Sisters sont magnifiques (je ne parle pas que de leurs voix :-
Il s’agenouille devant ses musiciens lors des soli, laisse chanter
ses choristes, les écoute et les remercie à chaque fois avec un
sourire désarmant. Il nous parle (parfois en français) entre les
morceaux, nous émeut puis nous fait sourire.
Un grand moment, un grand Monsieur et beaucoup d’émotions !!!
Je ne pourrais pas décortiquer toutes les chansons mais le charme a
opéré à chacune d’entre-elles
Trois rappels et le dernier qui m’a laissé sans voix :-)
Un tout tout petit regret : il n’a pas chanté ma préférée, « Chelsea
Hotel n°2» (ou il raconte sa liaison avec Janis Joplin)
Bref : Le plus beau concert que j’aie vu depuis longtemps ! ! !
16 junk
22 oct 2008 à 18:58 Modifier
commentaire trouvé sur le net,on ne peut pas mieux dire.
Leo rentre et sort de scène en sautillant comme un jeune homme. Le reste du temps, malgré sa silhouette un peu tassée par l’âge, il se balance au rythme de la musique; souvent, il met un genou en terre et ferme les yeux comme s’il était totalement absorbé par la puissance de ses propres mots. Deux écrans géants restituent son expression tantôt grave et mélancolique, tantôt éclairée par un sourire très doux. Sa voix est toujours aussi magnifique, grave et profonde. Elle n’a rien perdu de sa force ni de ses nuances; le temps n’a pas altéré son timbre fabuleux. Si les cigarettes, le café fort et le whisky avaient une tonalité, ce serait celle-là. Cet homme n’est pas spécialement beau, et il ne l’a jamais été. Mais il a un charisme époustouflant, une aura qui fait que le public, au lieu de chanter à tue-tête avec lui, retient son souffle et l’écoute religieusement.
Leo s’adresse rarement à son public: tout est déjà dans ses chansons. Mais quand il remercie, il enlève son chapeau, le porte à son coeur et appelle les spectateurs “friends”. Il fait même l’effort de prononcer quelques phrases en français. Son humilité, sa chaleur, la sincérité profonde qui émane de lui sont bouleversantes. Cet homme ne triche pas, et ça se sent. Sur scène, il est accompagné par des artistes fantastiques, choristes et musiciens qu’il place chacun à leur tour dans la lumière en leur faisant interpréter une chanson ou jouer un long solo, et qu’il présente (deux fois!) avec des termes merveilleusement poétiques - par exemple, “the master of timekeeping” pour son batteur, ou “the prince of arpegio” pour son guitariste. Cet homme est la générosité incarnée.
Leo ne plaint pas son temps. Entracte de vingt minutes compris, le spectacle dure près de trois heures et comporte trois rappels. Pour le premier, il interprète “So long, Marianne” et “First we take Manhattan”. Il conclut le second par “Closing time”, et on pense que ça va s’arrêter là. Mais presque aussitôt, le public lui faisant une énième standing ovation, il revient entonner “I tried to leave you” avec un petit sourire ironique. Oui, en plus de tout le reste - le talent, l’intelligence, la sensibilité -, cet homme a de l’humour!
Leo a 74 ans. Il a tout vécu, tout essayé - fréquenté les plus grands artistes des années 60 et 70, logé au mythique Chelsea Hotel et habité dans une semi-réclusion sur une minuscule île grecque, enchaîné les amours tumultueuses et politiquement incorrectes, été menacé de mort par un de ses producteurs et plumé par sa secrétaire particulière*, écrit de nombreux romans et recueils de poésie en plus de sa carrière de chanteur. Et partout, tout le temps, il a cherché Dieu, ou du moins, quelque chose de divin. Comme Siddharta dans le roman éponyme de Herman Hesse, il est à la fois un pécheur et un saint, capable de se vautrer dans les plaisirs terrestres et de passer plusieurs années dans un monastère zen. Son parcours chaotique mais sans compromission lui a donné une sagesse rayonnante. Cet homme irradie l’amour - amour des femmes, de son prochain en général et surtout de la vie. Alors, quand il chante,dans “Anthem”: “There is a crack in everything; that’s how the light gets in”, je me sens pardonnée pour toutes mes erreurs, validée dans mes propres choix parfois erratiques. Moi qui ne crois pas en Dieu, c’est comme si je recevais l’absolution de la part de la personne qui incarne à mes yeux toute la beauté complexe et glorieuse de l’être humain.
Avant le premier couplet de la première chanson (”Dance me till the end of love”), j’ai déjà les yeux pleins de larmes tellement c’est fort pour moi de me retrouver dans la même salle que lui. Même si je ne distingue que vaguement sa silhouette minuscule - son éternel feutre et son pardessus noir - sur la scène de Forest National, j’ai l’impression que sa voix résonne directement dans mon coeur sans passer par mes oreilles. Pendant “In my secret life”, qui n’est même pas un de mes morceaux préférés, les vannes s’ouvrent et je me mets à sangloter sur l’épaule de Chouchou. “I smile when I’m angry, I cheat and I lie, I do what I have to do to get by, but I know what is wrong and I know what is right…”
Mais le pire arrive au moment de ses magnifiques adieux. Je sais que ce concert sera unique, que je ne reverrai probablement jamais Leo. C’est “Ravie de faire votre connaissance”, “Vous êtes une personne sublime qui me touche comme nulle autre au monde” et “Au revoir à jamais” en l’espace de quelques heures. Alors, quand il dit (je reconstitue vaguement de mémoire): “We thank you for your unforgettably warm welcome. It’s getting chilly up there (…), but when the cold gets too bitter, may we remember one another. Thank you friends, and good night”, je m’effondre totalement. Il me semble que toutes les émotions intenses, bonnes ou mauvaises, que j’ai jamais éprouvées ressurgissent d’un coup pour me submerger. Je suis anéantie, terrassée par le poids de mes propres joies et de mes propres chagrins passés ou à venir. Ce que je viens de vivre, ce n’est pas juste un concert inoubliable: c’est ce qui peut se rapprocher le plus d’une expérience mystique pour une athée comme moi. Tout ça par la grâce d’un petit bonhomme imparfait et sublimement humain.
Thanks to you too… friend.
*d’où cette tournée dont il nous gratifie quinze ans après la précédente afin de renflouer les caisses: le malheur des uns, etc.
Publié par ARMALITE que je félicite pour son fabuleux compte-rendu
18 Frelon Vert
25 oct 2008 à 20:00 Modifier
Dans ces commentaires que je viens de lire, tout est dit.
J’étais au concert du dimanche 19 octobre et je ne suis pas prêt de l’oublier. Pour avoir vu plus de 70 concerts, ce dernier restera gravé à jamais dans ma mémoire. Les moments les plus magiques furent “Avalanche” où seul Leonard Cohen à la guitare a fait vibrer toute la salle et la standing ovation après l’interprêtation du “Partisan”. A la fin de cette chanson, le public s’est levé d’un seul homme et a applaudi longuement le poète comme il se devait… La toute grande classe et quelles émotions… INOUBLIABLE !
Bonjour cher ami
Moi ces nestor un jeune beninois qui,au cour des recherche est tomber sur votre blog et qui la visiter de long en large et je veux tre bien faire votre rencontre alors moi je suis au +22997477407 et mon mail est: le neigre@yahoo.fr
Nous sommes le 30 et le concert continue dans ma tête.
Je n’oublierai jamais ces 3 heures de pur bonheur.
Chapeau Monsieur Cohen!
Revenez-nous vite!
Bonjour,
Je recherche la partition(gratuite) (guitare) et paroles de cette merveilleuse chanson HALLELUJAH.
Pouvez vous m’aider.
Merci d’avance et grand bravo à ce formidable chanteur.
Philippe
Tout à été dit. Le concert au Zenith de Nantes était Genial!! Quelle émotion! quelle bonté, quelle humanité. Unique de Simplicité , d’honneté, d’humilité, de bonté. Comment vous remercier pour votre immense générosité? Chapeau M.Cohen.
Voila un commentaire de pro. Nous faisons notre possible mais la différence est quand même là.
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