De notre envoyé (très) spécial, le 27 novembre à l'Ancienne Belgique à Bruxelles.
____________
Une scène avec 9 musiciens, c'est bon signe, on se dit que ça va bouger. La première partie avait déjà bien envoyé du steak, le managing avait en effet eu la bonne idée de faire confiance à Atomique Deluxe pour chauffer la salle au fer rouge.
Donc 9 types sur scène qui bougent dans tous les sens, deux chanteurs un peu (beaucoup) déjantés et vous avez là, la recette d'une soirée au cours de laquelle il s'est passé quelque chose que je n'avais encore jamais vu. Une prise en main du public, j'en parle plus bas.

Mais d'abord… quelle ambiance ! De la fête à tous les étages. Babylon Circus est un mélange de plein de sonorités qui peuvent aller du bal musette, (le bon côté, sans les bastons de fin de 14 juillet !), au son de l'après guerre, aux incursions chez les tziganes aussi en passant par des inspirations très jamaïquaines. Le groupe donne principalement dans le reggae et son ancêtre le ska.

Le chanteur, Biloul, nous travaille au corps et à l'esprit, pour nous embarquer dans ses tripes, dans ses voyages imaginaires. Je suis dépaysé, c'est un peu comme des vacances au bord de la mer, mais sans les touristes en short qui puent le monoï. Il introduit les chansons avec souvent une petite histoire qui nous prouve bien que ce soir on est partout sauf à Bruxelles. Il mime, par exemple, un journaliste de télé avec le visage encadré par des cartons.
A peine 50 minutes aprés le début du concert, Biloul dit à la foule déjà bien en voix que… ” C'est fini, on en a assez donné, il est temps de rentrer...” Bronca dans la salle. Une pure provocation.

Et il en rajoute une couche en expliquant : “Demain nous avons un vrai concert dans une vraie grande ville. Paris. Alors il faut qu'on soit en forme.” J'adore la provoc.
La bronca qui suit dure 4 minutes, le groupe essaye de reprendre la main mais c'est alors le public qui mène la danse. Incroyable.
Tout a commencé avec une phrase malheureuse de Biloul qui se terminait par “…que nous allons devoir tous ensemble…” Il n'aura pas le temps de finir sa phrase, le public se jetera sur l'opportunité comme la misère sur le pauvre monde. 2000 personnes reprennent aussitôt … Tous ensemble, tous ensemble…! Pendant 4 minutes.

Le second chanteur David, est aussi un phénomène. Il ponctue chaque fin de morceau par une sorte de rire psychotique amusant, presque un tic. Un grand type, très fin, rigolo avec son chapeau vissé sur la tête. Il chante comme un rasta, il n'en a pas le look.

Puis, tout s'est terminé par une dédicasse “…à ceux qui font bouger votre ville… à ceux qui font la révolution… et surtout à celui sans lequel il n'y aurait jamais de spectacle : le public.”




Commentaires récents